Décompte

3.

Éloi a bientôt un an. Nous allons fêter son anniversaire d’ici une vingtaine de jours. Cette année ne peut être que belle avec tout ce qui nous attend. Cet été je deviendrai enfin Madame Cabaret après presque dix ans à ses côtés. Il faut croire que la persévérance paie (à moins que ça ne soit le harcèlement ?). Trop tard de toute façon il a fait sa demande maintenant. Le petit plus, the cherry on the (wedding) cake comme diraient les anglo-saxons, serait de pouvoir annoncer l’arrivée d’un nouveau bébé le jour de la fête.

2.

Nous qui voulions des enfants rapprochés ça commence à puer le poney. Cette fête écourtée, cette nuit seule dans un couloir d’hôpital. En arrêt. Je me remet doucement de la perte de ce bébé qui ne viendra pas agrandir notre famille comme on s’est plut à l’imaginer trop peu de temps. Cette tristesse et ce vide si dur à combler. Je pleure, tout en culpabilisant. Car j’ai la chance, moi, contrairement à tant d’autres femmes, d’avoir déjà un enfant à mes côtés.

1.

Des contractions rapprochées. On appelle tout de suite pour faire garder Éloi ou on attend un peu ? Et si après c’est trop tard et que tu accouches à la maison ? Appelles un taxi mais ne dis pas que c’est pour un accouchement sinon il voudra jamais nous prendre. « A la maternité ? » Me demande le chauffeur dès qu’il voit poindre le bout de mon ventre. Monitoring. Plus aucune contraction (ces petites blagueuses). Regard suspicieux de la sage femme qui pense que je lui raconte du flan. « Allez marcher madame et revenez dans une heure qu’on voit si le travail débute vraiment ». Tu parles qu’il va débuter le travail je vais pas lui laisser le choix, je ne repars pas d’ici sans mon bébé surprise. Et puis merde on n’a pas fait venir ma mère en pleine nuit pour rien quand même. Marcher, monter des escaliers, incendier gentiment Arthur qui n’a pas finit le projet de naissance, marcher, monter des escaliers, écouter Arthur me raconter qu’il n’y a plus de coca au distributeur (chacun ses priorités dans ce genre de moment hein. Pour ma part j’essayais tout bonnement de pas crever à chaque contraction). Marcher encore. « C’est bon on vous garde ». Danse de la joie dans la limite des mouvements encore possibles quand on ressemble à une amphore. Des heures de travail. Et te voilà. Toi, mon deuxième garçon, mon évidence. Parce que ça devait être toi et pas un autre, tout devient clair maintenant, il fallait t’attendre.

0.

Joyeux premier anniversaire César.

Une réflexion sur “Décompte

  1. Marraine Cot

    Joyeux anniversaire à mon César d’amour…. qui fait de moi une marraine comblée et qui est rentré dans mon cœur à la minute où le téléphone a sonné ce dimanche 14 janvier 2018 a 12h30… ❤️

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